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2 juillet 2010

Barre-toi de mon herbe et marche à l'ombre !

J'ai eu des frissons de filles en lisant l'article de cyberpresse Torontonamo aujourd'hui.



Cet extrait de l'arrivée des policiers dans le gymnase m'a glacé le dos. Je ne peux m'empêcher de noter le contraste entre le ton du policier francophone et de l'anglophone. Lequel semblait effectuer exactement les commandements de notre premier ministre.

Maintenant, à chaud, j'ai plein de questions :

- Pourquoi faire un sommet à Toronto après l'expérience de Gênes en 2001 ? Et y dépenser des tonnes de notre argent et en profiter pour passer des lois spéciales secrètes d'intervention policière...

- Pourquoi la gauche tombe-t-elle toujours dans le panneau et se fait arrêter ? Pourquoi ne pas faire un Gparallèle avec des tables rondes de discussions et y inviter les mêmes journalistes ?

- Comment ne pas être contre la brutalité policière et en vouloir à tout ce qui porte un uniforme-avec-gun quand on est un de ces jeunes qui a voulu voir le G20 de près et qui se fait arrêter dans une situation où visiblement il n'est pas en train de faire du grabuge (ou comment cultiver la haine des forces de l'ordre et créer encore plus de violence ) ?

- Qu'est-ce qui s'est passé dans la tête des policiers pour que la petite lumière du jugement ne s'allume pas alors qu'ils "s'occupaient" de ces jeunes emprisonnés ? Et que dire à propos du juge ?

- Y a-t-il un fond de chicane Québec/ROC* là-dedans ? Ou alors des restants de la colère de Harper contre le Québec qui ne veut pas l'élire ?

- Une société vieillissante est forcément plus conservatrice, les sociologues le disent depuis que nous avons constaté que la pyramide s'inverserait. Est-ce que cela veut dire que l'extrême droite avec un état totalitaire est inévitable au plan politique ?

Octobre 1970 me semble tout à coup beaucoup moins loin... mais je me console en me disant qu'au moins, personne ne s'est fait arrêter à Montréal lors des manifs d'hier.


Bonne fête Canada !

Bonjour Sa Majesté la Reine !


* ROC : Rest of Canada

4 mai 2010

Entrée dans le système

La semaine passée, j'ai appelé à l'école pour savoir comment fonctionne la rencontre du 27 mai pour les enfants qui entrent à la maternelle en septembre. «Le directeur va préparer une lettre avec sa secrétaire et vous recevrez l'information». Agacée, la dame qui me répond. C'est vrai qu'on était vendredi après-midi et qu'il faisait très beau dehors. Elle avait sûrement envie d'être en congé, comme moi !

Mais aussi, elle devait se demander comment ça se fait que j'étais au courant de cette journée, info que j'ai trouvé dans un pdf bien caché sur le site de l'école. On y dit «en avant-midi et en après-midi, accueil des nouveaux élèves de la maternelle». Un jour de semaine.

Nous sommes début mai et n'avons toujours pas reçu l'«invitation qui sera envoyée aux parents».

Comment ils font, les autres ? Parce que moi, mon horaire est déjà en train de se remplir de rendez-vous de patients... Si c'est le matin, pas de problème. Si c'est l'après-midi, je dois rappeler mes patients pour le dire qu'on annule, parce que l'école vient de m'envoyer une invitation ?

Est-ce que tous les parents sont flexibles au point qu'ils peuvent demander des demi-journées de congé pour la maternelle à leur employeur ? Est-ce qu'il existe des journées de congé scolaire comme des journées de congé de maladie ? Est-ce que l'école est consciente que le calendrier scolaire n'est pas le calendrier sur lequel vit l'ensemble de la société et qu'un minimum de délai devrait être respecté pour une telle activité ? Ma fille est inscrite depuis la première semaine de février... cela fait donc 3 mois qu'ils ont en mains toutes nos coordonnées pour nous envoyer une invitation en bonne et due forme. Hum.

Le ton de cette secrétaire m'a ramené tout sec à mon expérience en tant qu'enseignante. Je gérais mon horaire de prof et mon horaire de clinique, mettant ce dernier constamment au pas du premier. Une réunion de département, hop, on tasse les patients. Une journée portes ouvertes, hop ! encore, désolé monsieur, je ne pourrai pas vous voir ce jeudi, reprenez rendez-vous lundi prochain.

En revenant de mon congé de maternité, cette gymnastique des cases horaires avec bébé ajouté m'a semblé complètement inhumaine. J'ai lâché l'enseignement et j'ai ajusté mon horaire de clinique aux boires de bébé.

Maintenant que Fillotte s'apprête à entrer à l'école, je profite du luxe de ces matins où je peux encore la reconduire à l'heure que je veux chez sa gardienne. Car l'année prochaine, tout le monde se levera plus tôt : la maternelle commence à 8h00 ! Je songe à couper une de mes deux soirées de travail pour n'en faire qu'une et à compenser avec des matinées, en espérant que la clientèle suive...

D'accord, je suis - un peu - de mauvaise foi si je dis que tout est de la faute à l'école et à son horaire. En vieillissant (ou parce que Fillotte me réveille toujours tôt ?), j'ai moins d'énergie en soirée et passé 19h00, je n'ai plus envie de travailler, de toutes façons. Ça fait donc mon affaire, même si jamais personne ne m'a consulté.

Quand même. On nous impose un horaire, une marche à suivre. Et je sens déjà qu'on devrait être tellement reconnaissant que ces gens-là s'occupe de nos enfants ! Et qu'on n'est donc pas des bons parents si on ne peut pas prendre une 'tite journée de congé pour eux, voyons ! Et ne vous méprenez pas les enseignants, je sais Ô combien vous êtes parfois coincés avec des décisions qui viennent d'en haut et non de vous ! C'est plutôt contre cette bureaucratisation qui vient du haut que je m'insurge...

Comme le disais notre chroniqueur national ce week-end : "Les parents sont mobilisés bien sûr, mais comme petits soldats, engagez-vous et ne vous avisez surtout pas de ne pas avoir le bon pas." (Notes éducatives, Pierre Foglia, La Presse, 1er mai)

Et cela ne fait que commencer. Comme j'ai envie de m'impliquer dans le comité de parents, c'est pas fini...

12 mars 2010

A culture


Je voulais aller voir le dernier film de Sophie Desrape Les signes vitaux la semaine passée. Film tourné ici. Il joue dans 2 salles. Deux. En ville. Il y un cinéma avec 16 salles à 15 minutes de chez moi, mais le film n'y joue pas. Par contre, pour les derniers blockbusters américains doublés en français de France, c'est pas le choix qui manque...

Petit retour en arrière :

Je suis née à la campagne, mais comme mes deux parents travaillaient "en ville", nous avons vite été des premiers côlons de la banlieue sud de Montréal.

Toute mon adolescence, j'ai rêvé de la ville (et aussi de la France, mais ça, c'est un autre chapitre !).

Parce qu'en ville on pouvait :

- Aller voir des films dans des cinémas
- Magasiner des disques
- Prendre un café dans ... un café
- S'acheter des vêtements différents de ceux portés par toute la polyvalente
- Acheter des livres usagés pour pas chers
- Bien manger au resto
- Manger des vraies crèmes caramel et de vrais gâteaux au fromage
- Marcher et lire dans un joli parc
- Sortir et danser jusqu'aux petites heures du matin

et, accessoirement, voire une faune bien différente de celle de la banlieue.

J'étais donc bien contente d'habiter tout près du terminus d'autobus qui nous emmenait en 20 minutes au centre-ville.

Quand vint l'heure de choisir un cegep, j'ai bien entendu choisit un cegep en ville et je me suis arrangée pour aller habiter - en ville - chez ma grand-mère. De fil en aiguille, j'ai eu mon propre appartement avec une copine, etc.

Au moment de me lancer en affaires, le marché était plutôt saturé sur l'île de Montréal et j'ai décidé de travailler en banlieue. En plus d'avoir un horaire hors des heures de pointe, je circulais dans le sens inverse du flot des autos qui traversent le pont chaque jour pour aller travailler en ville.

Après 10 ans, un couple stable (avec un gars de la ville !) et un enfant, le prix des maisons était tel en ville que nous nous sommes retournés vers le marché de la rive-sud et y avons trouvé toiture à notre famille. Et plein d'autres avantages aussi :  une grande cour, des gentils voisins et surtout, le calme de la presque prairie.

[Bon, ma ville de banlieue est quand même un peu spéciale. Elle a un quartier historique avec une vraie société d'histoire, un petit musée et une crypte sous l'église. Elle possède un marché extérieur trois saisons, une chocolaterie, une poissonnerie, un magasin de bonbons-comme-dans-l'ancien-temps situé juste en face d'une boutique de jouets et un vrai stand à patates frites fermé l'hiver. D'un côté, elle est longée par une rivière et de l'autre, par le fleuve. Le boulevard Taschereau la traverse, mais avec des trottoirs de chaque côté et des arbres au milieu !]

Plus de 20 ans ce sont écoulés depuis mes premières escapades en ville et on pourrait croire, parce qu'elle est de plus en plus étalée, peuplée et diversifiée, que la banlieue vaut bien la ville.

Eh bien non. Malgré le boulevard Taschereau (ou à cause de lui ?), malgré tout le fuzz et le buzz qu'on a créé autour du Dix30, l'air culturel est plutôt sec en banlieue.

Je me suis donc surprise à faire un petit examen des éléments de ma liste d'adolescente et voici ce que ça donne :

- Aller voir des films dans des cinémas :
Si vous avez envie d'une expérience son (très fort !) et lumière avec flot d'odeur de popcorn beurré dans des salles bondés d'adolescents qui parlent tout le long de la projection du dernier blockbuster, oui, on peut dire qu'on peut aller voir des films dans des cinémas. Sinon, on peut louer des films directement chez Q*uébecor (déguisé en V*idéotron). Ils ont quand même le film de Woody Allen. Quoi ? Il n'en a pas fait juste un ? (Je dois quand même ici être honnête et avouer qu'en ville les cinémas indépendants sont aussi tous morts. Le dernier qui restait s'est fait trancher la gorge l'année passée.)

- Magasiner des disques :
C'est possible, mais seulement dans des grandes chaînes (dont Q*uébecor déguisé en A*rchambault) ou  pire, dans les grandes surfaces. Encore ici, c'est pas mieux en ville : disparus les Discus, Sam the Record Man et Dutchy's. C'est vrai, internet change la donne et permet à l'indépendant de se faire connaître, en ville ou ailleurs. Et sincèrement, je suis jalouse des ados d'aujourd'hui qui ont toute cette musique au bout des doigts !

- Prendre un café dans ... un café :
C'est possible, si on appelle un café le liquide brun qui est servi chez Timortonne et où, tous les matins, les VUS font la file au service à l'auto. Et non, y'a pas de macarons, que des beignes et des muffins bien gras.

- S'acheter des vêtements différents de ceux portés par toute la polyvalente :
Ah, là, y'a plus de choix. Toutes les boutiques de vêtements sont au Dix30 et celles qui n'y sont pas, sont soit au Mail Champlain, soit aux Promenades St-Bruno. Mais ça prend une auto pour s'y rendre, quand même ! Ou beaucoup de patience : temps de parcours ma maison-Dix30 en auto : 13 minutes. En autobus : 49 minutes. Données obtenues avec pas de neige.

- Acheter des livres usagés pour pas chers :
Il paraît qu'il existe une librairie de livres usagés dans la ville voisine de la mienne, soit à 20 minutes d'autoroute.

- Bien manger au resto :
Oui, il a plusieurs restos agréables. Particulièrement dans le quartier historique, qui en compte 4. Tous de la cuisine française d'excellente qualité. Nous avons aussi la meilleure pizza et le meilleur poulet rôti sur charbon de bois de la rive-sud (c'est pas moi qui le dit !). Sinon, les resto chinois, vietnamiens, indiens commencent à poindre le nez, mais ils sont toujours situés dans des centres d'achats du boulevard Taschereau. Bonjour la vue sur le stationnement et le traffic des lumières rouges !

- Manger des vraies crème caramel et de vrais gâteaux au fromage :
C'est possible dans les restos du quartier historique. On peut aussi trouver de bons fromages, de bons vins et des baguettes fraîches dans toutes les épiceries. Fiou !

- Marcher et lire dans un joli parc :
Ici, parc est synonyme d'aire de jeux pour enfants : balançoires, jeux d'eau, carré de sable, sertis d'un ou deux banc publics. Avec beaucoup de soleil, parce qu'on a oublié de planter des arbres. Résultats : ils sont fréquentés par les garderies du quartier les jours de semaine, des enfants le week-end et des ados à la recherche d'intimité/qui s'ennuient pendant les soirées. L'hiver, le plus grand parc de notre ville se dote d'une montagne de neige pour glisser et d'un anneau de glace pour patiner. Avec des "fêtes de l'hiver" tous les dimanches après-midi. L'intention est louable pour les familles, les jeux gonflables et le chocolat y sont gratuits, mais pourquoi nous imposer une musique assourdissante avec un animateur boboche à micro ?

- Sortir et danser jusqu'aux petites heures du matin :
IM-POS-SI-BLE. Ok, je nuance : si vous aimez le tchikaboum américain et seulement ça, il y a bien 2 ou 3 boîtes avec line-up, même. Mais si vous demandez le dernier hit de Radio Radio, de Madame Moustache, d'Arthur H ou de M au didgé, il vous regardera avec ses beaux yeux de merlan frit.

Voilà.
Je ne sais pas ce dont Fillotte rêvera dans 10 ans.
Mais nous serons toujours là pour ouvrir les rideaux de son horizon culturel, quitte à les déchirer s'il le faut !

27 janvier 2010

Message aux filles


La plupart d'entre nous le savent. Notre flair nous dit : Ben voyons, c'est pas vrai c't'affaire-là !

Mais il semble que nous ayons toutes une petite naïve intérieure bien cachée, une crédule qui ne demande qu'à croire et qui, au cas où ce serait vrai, va envoyer le canular-de-peur alias message-bien-intentionné à tous ses contacts féminins.

Et la mauvaise nouvelle se répand.

Dernièrement, on m'a ainsi prévenue d'un "nouveau" cancer du sein, le paget du mamelon. En invoquant la perte de Lhasa De Sela, comble de l'insulte. Une petite recherche m'a permis de réaliser que ce cancer n'est pas nouveau du tout, qu'il est très rare et que dans tous les cas, les médecins investiguent les taches suspectes, qu'elles soient sur le mamelon ou ailleurs.

Dans la dernière année seulement, on m'a demandé de faire attention aux vendeurs de parfum dans les stationnements, aux peintres qui offrent leurs services aux stations d'essence et au petit papier collé sur la vitre arrière de la voiture. Les filles, qu'on se le dise, le monde est plein d'hommes méchants qui nous guettent, prêts à nous droguer, nous voler notre portefeuille et s'enfuir avec notre voiture !

Ces légendes urbaines saugrenues reprennent une vieille thématique qui semble essentielle à la psyché féminine : le Grand Méchant Loup nous guette et manigance un plan pour mieux nous dévorer.

Désolée de vous décevoir les filles mais dans les faits, c'est beaucoup moins fantasmagorique que ça : un canular a comme objectif d'être envoyé au plus grand nombre possible de gens afin de contaminer, par le virus qu'il contient, le plus d'ordinateurs possible. À notre insu et pire, grâce à nous !

Les dommages collatéraux de tels arnaques sont tout de même réels et bien sournois. Ils entretiennent des sentiments de peur et ne font que nous insécuriser davantage.

Nous n'avons pas besoin de ça.

Au lieu de nous créer de nouvelles peurs, nous devrions nous solidariser. Nous refiler des trucs afin d'être plus alertes devant notre ordi et ne plus se faire prendre par le premier Loup venu.

Mes conseils pro-débrouillarde et anti-nunuche :

1) Ne faites pas suivre et jetez à la poubelle tout courriel qui contient l'une des ces phrases [Prière de transmettre ce message à toutes les femmes de votre entourage]
[Vous devez transmettre au plus grand nombre possible de femmes]
[Prière de prendre quelques secondes pour transmettre ce message au plus grand nombre de personnes possibles]

2) Vérifiez vos sources. Non, l'amie de votre collègue n'est pas une référence. Tout le monde peut-être une victime contaminée sans le savoir (tiens, ça ne vous rappelle pas une certaine maladie, ça ?). Sur Google, un ou deux mots clés et vous serez vite renseignée. hoaxbuster reste LA référence francophone pour les canulars et donne même un indice de fiabilité des messages.

3) Si le message ne renvoie pas à un site officiel (santé canada, par exemple), doutez et jetez !

Le Grand Méchant Loup n'a qu'à bien se tenir !

À L'ÉCOUTE DU VENT QUI SOUFFLE SUR LA MAISON
Nota : l'image est tirée du livre "Le Petit chaperon rouge" adapté par Vera Southgate.