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27 juin 2013

Indigène négligée

J'ai découvert l'amélanchier en cegep II dans le cours de français littérature québécoise où un prof s'esquintait à stimuler l'intérêt d'une classe lymphatique qui s'intéressait à peine à un cours obligatoire.

Bien sûr, je parle de L'Amélanchier de Jacques Ferron. Je n'avais pas du tout saisi la métaphore politique, mais le prof ne m'en avait pas tenu rigueur car j'étais bien une des seules élèves passionnée par le cours. Cela le désespérait. Quand il laissait sa porte ouverte tout un après-midi afin qu'on puisse lui poser des questions sans rendez-vous, il disait qu'il faisait de la prostitution. J'avais bien aimé cette métaphore. Moi aussi, je trouvais les majorité des étudiants ingrats.

Quelques années plus tard, je passais mes étés sur le bord du lac Archambault, à faire la nanny pour 4 petits garçons. On m'y a montré de belles amélanches, sans pouvoir les nommer, mais sachant qu'elles étaient comestibles. Elles étaient un peu plus oblongues que celles-ci.



J'ai fait le lien plus tard avec l'amélanchier, arbre fruitier indigène du Québec et le roman.

Suite à un été sec l'an dernier et un mois de juin plus que pluvieux cette année, l'amélanchier canadensis de mon voisin fourni plus de fruits que les merles peuvent en manger. À chaque jour, ils sont plus rouge foncé. Voyant Fillotte cueillir-manger-cueillir-manger de joie, il m'a offert de dégarnir un peu son arbuste. Après quelques minutes nous avions un bol plein. J'ai fouillé un peu sur le net, appris d'un ami que cela s'appelait aussi des baies de Saskatoon parce que, ben oui, il y en a tout plein la Saskatchewan !

Ce soir était le grand soir.



Le Saskatoon Berry Cobbler encore tiède dans les mains, j'ai débarqué chez le voisin à l'heure du dessert. Fillotte suivait avec la crème glacée à la vanille. Ce fut une découverte surprenante. Un petit goût de cerise noire, tout en subtilité. Et ça pousse ici depuis des décennies. Et il fait de belles fleurs au printemps et de belles feuilles pourpre et orangé à l'automne. Et c'est sous notre nez alors qu'on s'achète des framboises du Mexique et des bleuets des États…


6 janvier 2013

Épiphanie au nord nord est




Petite fugue en adulte dans le coin de SHAWINIGAN (Shawinigan), comme c'est écrit sur les pancartes vertes. Cadeau reçu à Noël et choisi pour clore les vacances. Déçus que le spa soit en panne (on rêve de prendre un bain depuis qu'il fait froid et avec les rénos, on y allait presque juste pour ça), on a quand même profité du moment de couplitude qui nous était offert.

Découverte de microbrasseries locales au IGA de la place. Pas à l'auberge, qui ne servait que de la molson-ex et des vins exécrables au double du prix…  (je cherche encore pourquoi les Français sont férus de cet endroit). Bu et adoré la Sein d'esprit, enfin les deux Sein d'esprit, la blanche et la rousse. On nous a aussi chaudement recommandé celle de À la fût, mais le format de 5l nous apparaissait un tantinet exagéré pour des sportifs comme nous ! Nous irons voir notre épicier cette semaine avec des suggestions dans nos poches ou bien nous reviendrons pour le festival de St-Tite !

Au réveil ce matin, la neige était tombée et tombait encore doucement. Après une double crêpe jambon-fromage-sirop d'érable, on a chaussé les raquettes et monté les sentiers enneigés au bord du parc de la Mauricie. Ébahie par le décor, émue par autant de calme et de silence. Et surprise par les affiches de vers inspirants. Surtout celui au surplomb…

Pas trop mal comme finale de nos vacances des Fêtes.

[ Le voyez-vous, le petit chalet de rêve ? ]

PS : je tiens quand même à souligner que Fillotte n'a pas été sans reste durant notre absence, profitant elle aussi d'un cadeau offert par une tatie. Elle a patiné, glissé, manger du spagat, fait des biscuits dans la cuisine, des anges dans la neige et j'en passe. J'oubliais : elle a pris un bain. Son premier de 2013, a-t-elle proclamé.

29 décembre 2012

L'Hiver pour vrai - 2


Randonnée en raquette, dans ce petit paradis négligé. Nous étions les deuxièmes à fouler la bordée de neige, hormis lièvre et tourterelle. Entraînement de Fillotte, rouspeteuse la moitié du temps. Apprentissage de la contrainte en vue d'un objectif !


12 septembre 2011

Nova Scotia - 1 - La Route

[Avant-propos : j'ai abandonné bien malgré moi mes posts ici. Le désir de partager était toujours là, mais il n'y avait jamais une petite craque de temps pour y faufiler mon texte, mes photos et j'avoue, gosser la mise en page (un peu la faute à blogspot). Mais ça commençait à gronder dans les chaumières éloignées, alors m'y revoilà. Peut-être plus court, mais avec autant d'intention]


Chroniques des belles galères de nos dernières vacances. Impression d'être partis longtemps, dans un autre pays. Comme un voyage en sac-à-dos, mais nous étions bel et bien en famille et en voiture. Nous avons roulé deux jours sans sortir du Canada, pour aboutir au pays de Radio Radio : la Nouvelle-Écosse.
[ Première leçon : la traduction anglaise n'est pas "New Scotland" ]
De la route, étrangement, on ne voit pas grand chose. De la forêt, du feuillu, du résineux, des champs et encore de la forêt. Avec le privilège de rouler vite (la limite est à 110 km/h) sur de la belle asphalte, tantôt rose, tantôt verte avec pas de trous. Mais il est où, le littoral ? Nous allons enfin l'apercevoir au troisième jour de notre périple.

Kit de survie dans-l'auto-avec-un-enfant : 
Dessins à colorier imprimés avant de partir, papier, boîte de crayons de toutes sortes, jeu du pendu, livres et livres-CD empruntés massivement à la bibliothèque, cahier avec auto-collants, gomme à la cannelle (contre le mal des transports et contre les nausées de grossesse), bouteille d'eau fraîche, petite glacière avec compote en tube, barres tendres, raisins frais, bananes, biscuits de riz... Aussi, une grande sélection de musique, histoire de changer souvent de style !

Confidence : Voyager avec deux ipad, c'est le gros luxe. En voiture, on peut calculer la route à faire sur le gps pendant que Fillotte écoute un film de Fifi Brindacier (occupation réservée au moment intense où nous devions rouler dans les pluies abondantes d'Irène).

8 janvier 2011

Marche glacée

La forêt estrienne, avant la fondue des neiges
Aussitôt 2011 arrivée, il a plu et la belle neige a presque toute fondu. Comme aux Fêtes l'an dernier... mais cette année, pas question de se laisser avoir ! Nous allions sortir et bouger quand même ! Et qu'est-ce qu'on peut faire dehors l'hiver quand les pentes des glissades sont redevenues vertes, qu'il n'y plus de neige dans la rue et que tout le reste est glacé ? Pas grand chose, allions-nous le constater...

Ni raquettes, ni ski de fond, ni patin... alors, de la marche ? Mais où ? Pour les montagnes, il y a les montérégiennes. Exclu le Mont St-Hilaire, trop apic pour la petite. Je téléphone au Mont St-Bruno, afin de connaître l'état des sentiers. Le préposé à l'accueil (qui visiblement ne sait pas ce que le mot accueil signifie) me répond laconiquement que du gravier a été épendu, mais que ça peut être glacé. Est-ce que c'est faisable avec un enfant de 5 ans ? "Comme je vous dis, ça peut être glacé." Conclusion : on ne fera pas 30 minutes de route et payer des frais d'entrée pour possiblement se casser la marboulette ! Dommage, nous y étions quelques jours auparavant et le chili de la nouvelle cantine était délicieux avant après la marche !

Courte réflexion faite, nous décidons d'aller sur le Mont Royal, où les sentiers sont habituellement bien entretenus, à la quantité de Montréalais et de touristes qui y défilent.
[hum... Ironie quand même d'habiter la banlieue et d'aller "faire du plein air" en ville...]

Passés le roc avec ses glaçons bleus (au grand Wow ! de Fillotte), nous voilà en haut avec, finalement, un petit creux à l'estomac. Il me semble qu'un chocolat chaud, ça part bien une marche, non ?

En glissant quand même un peu sur le chemin, nous arrivons au Chalet de la Montagne aussi appelé Château du Belvédère. Re-Wow ! extatique de Fillotte en y entrant. Dans le style Beaux-Arts français, le Chalet a plutôt des airs de salle de bal avec son plafond aux poutres soutenues par des écureuils géants, ses lustres de métal bleutés et ses portes sur trois côtés, avec une âtre sur le quatrième. Nous nous dirigeons vers les deux rangées de tables et chaises, tout au fond.

La cantine ? Ben, y'en a plus. À la place  sévissent une dizaine de machines distributrices et 4 micro-ondes (c'est gentil) dans l'ancienne cuisine. L'accueil ? Un jeune homme assis sur un tabouret à un mini comptoir répond aux questions des touristes et, surtout, jase avec ses amis venus le désennuyer. Il reste le comptoir des Amis de la Montagne où une caissière et ses cartes postales tentent de ramasser des fonds au profit de l'organisme qui se bat et se débat pour protéger notre montagne des condos et autres horreurs qui veulent bouffer ses pentes.

Soudain, j'ai l'impression que Montréal a abandonné son Chalet. Alors qu'il pourrait être un vrai lieu de rencontre, pour se poser entre la montée et la descente, se réchauffer ou se ravitailler de vrai café, de queues de castor, de pets de soeur (ou de chili !) tout en admirant les tableaux historiques qui ornent les murs.

Nous avons bu notre chocolat chaud en grignotant un sandwich jambon-fromage-orange-pain-blanc, puis nous avons parcouru le sentier qui couronne le Mont Royal, sans tomber. Quand même, j'ai noté que les mésanges et écureuils semblaient très satisfaits, eux, du lunch qu'on leur offrait dans les mangeoires...


Pour pénétrer dans l'univers de la Montagne, je vous suggère ce lien, sorte de work in progress public sur le Mont Royal : sacreemontagne.onf.ca

6 décembre 2010

Première tempête

Malgré le vent et la neige qui pincent les joues, malgré la noirceur hâtive de l'hiver, que fait le petit cheval aussitôt la porte ouverte sur la tempête ?


Il se rue dans la neige et bat des ailes !

25 novembre 2010

... élagage en cours...


Soleil
Océan
Désencombrement de l'esprit

Risque de revenir avec une fasciite plantaire (inflammation du pied causée par un traumatisme tel que marcher nu pied dans le sable pendant de longues heures) ou une capsulite de l'épaule (inflammation de l'articulation de l'épaule causée par une mauvaise posture telle que la position prolongée sur une chaise longue en tenant un livre).

30 août 2010

Lac Mégantic (2)

(ou comment prolonger les vacances en bloguant - malgré la rentrée à la maternelle de Fillotte)



Au début, on devait partir pour la côte est américaine. Voyant le prix des maisons victoriennes avec "ocean view", on a examiné l'option bungalow, plus abordable. À "five minutes walk" de la mer. Salon en préfini, meubles beiges et bruns. Disons que mes ardeurs états-uniennes se sont refroidies.

Ma petite voix de vacances criait : je veux voir l'eau ! Profiter de la vue, même s'il pleut.

Pourtant, je n'ai pas grandi au bord de la mer, ni d'un lac. Ni passé les étés de mon enfance au chalet dans le nord.

Fiancé a pris les choses en mains et nous a dégoté un chalet avec vue sur le lac, de la chambre au salon en passant par la cuisine. Même de la salle de bains... et tout ça, à seulement 3 heures de route, sans avoir à passer les douanes. Loué !

Pédalo, baignade, pêche, escalade de rochers (spécialité de Fillotte alias Mowglette, l'enfante de la Jungle) et surtout, contemplation.

Nous avons fait quelques excursions, mais je serai très facilement restée là, devant le lac, toute la journée, à admirer les changements de lumière, de couleurs, à écouter le clapotis des vagues... comme Josée sur le bord de son ruisseau.

Une visite spontanée à ma grand-mère la semaine passée m'a éclairée sur la source de ce désir d'eau. Quand je lui racontais Ô combien cela avait été agréable d'être en famille au bord du lac, elle a sentencé : "Pour des vraies vacances, faut être au bord de l'eau."

« Emmène-moi au lac
Où le ciel boit dans l'eau
Qui fait une toute p'tite flaque
pour la lune vu d'en haut »
 - Mara Tremblay, extrait de la chanson Emmène-moi au lac

24 juillet 2010

Champ 3

Les plants de maïs continuent de profiter du temps chaud et des pluies occasionnelles. C'est maintenant un mur qui borde le rang qu'on emprunte pour aller à la ferme !
Devinez ce que ma fouine a réussi à dénicher aussitôt le nez dans le blé d'inde ?

Chenille de monarque, toute recroquevillée de peur...
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Clins d'oeil en direct de la ferme :

Comme à l'école, il y a surtout des femmes/mères au rendez-vous hebdomadaire du panier de légumes bio. Cette semaine, un papa venait clairement pour la première fois, accompagné des ses trois enfants.  Sa plus jeune, déjà rodée, remplissait les sacs. À la fin, devant le choix des fines herbes, il a appelé sa femme avec son cellulaire :  "Chérie, quelle sorte d'herbe as-tu besoin ?"

Une mère avec sa fille se demandait quelles herbes nous avions cette semaine à l'autocueillette.  Je lui remet les ciseaux en lui indiquant où sont la sauge et le thym dans le jardin, ce à quoi elle répond avec une pointe d'agaçement dans la voix : "J'ai déjà tout ça à la maison !" et elle tourne les talons.

La Jeanne d'Arc en moi a eu envie de lui faire une jambette, juste pour que son nez se rapproche un peu de l'odeur de la terre et qu'elle réalise que notre fermière, sa famille et leurs employés guatémaltèques  triment dur tout l'été, à semer, arroser, désherber, cueillir et laver nos légumes. Chaque saison, ils doivent retrousser les manches et continuer de se battre pour "faire du bio".
Le nez dans la terre, le soleil dans le dos.

Je n'ai pas fait de jambette et l'ai laissé filer avec sa mauvaise foi.

- - - - -
À la maison, en déballant le panier, je me suis extasiée devant les deux petits nouveaux, rajoutés suite aux suggestions des partenaires l'été passé. Des belles échalotes longues, fines, toutes fraîches et de magnifiques bulbes d'anis en éventail... rien à voir avec ceux de l'épicerie !

L'anis a fini dans la poêle, à la crème et à la moutarde.
Les échalotes ont accompagné des champignons et la sauge en garniture sur les côtelettes d'agneau (bio) grillées au bbq. Je reste mystifiée devant la similarité des odeurs : est-ce la sauge qui sent l'agneau ou l'inverse ?



18 juillet 2010

Champ 2

La semaine passée nous avons filé à la ferme bien au frais dans la voiture climatisée. Pas question de sortir en plein champ, sous le soleil cuisant et dans l'humidité accablante, même pour notre journal... Mais ce qui écrase les petits humains que nous sommes a drôlement profité aux végétaux et cette semaine Fillotte avait bien envie d'aller se faufiler dans le tunnel de blé d'inde !

De retour à la maison, je me suis attaquée au panier de verdures et me suis extasiée devant ses surprenantes couleurs.
Radis et concombres ont fini en salade avec pour vinaigrette de la mayo mêlée avec du yogourt nature et le caviar du Luberon™.
Frais.
Je suis un peu embêtée par les bettes à cardes.
Elles sont géantes, tout d'abord, et puis, pas facile d'intégrer de la feuille verte cuite dans l'alimentation d'un enfant ! Je vais peut-être essayer la version provençale proposée sur le site de passeport santé...

30 juin 2010

Champ 1

Cinq minutes de route et voilà Fillotte qui déclare : "On est à la campagne, là, hein ?"
Champs de ?, visiblement une culture en rotation avec le maïs, dont quelques tiges et épis séchés ont survécu à l'hiver.
Tel que proposé, voilà les premières images de la série "Journal d'évolution des champs de blé d'inde" tout au long de nos visites hebdomadaires à la ferme :
Où j'ai failli perdre ma gauge à deux pattes : une fois trouvé un rang, la voilà qui s'enfuit dans l'infini. En tous cas, elle nous donnera une idée de la hauteur des plants si elle ne grandit pas trop vite cet été !
Le fossé de la route toute cabossée, témoin des précipitations quotidiennes depuis quelques jours. Il paraît qu'il y a une grenouille dans cet "étang", mais je crois que c'était un bobard blanc...
Premier panier bio de l'été : fleur d'ail, zuchinis jaunes à jupette verte, zuchini gigantesque et en masse de feuillage : laitue, bette à carde, épinards, bok choy... qui ont profité des pluies ! Maintenant le défi est cuisiner tout ça en une semaine ! Ça devrait aller avec l'aide de mon congélo (conseil du fils de notre fermière pour les fleurs d'ail : les congeler entières pour ne pas qu'elles givrent).
Marguerite, une autre qui aime bien les feuilles vertes, jouquée pour ne pas se faire mouiller !

24 juin 2010

À l'attaque !

[message pratique]
L'an passé, j'ai tenté l'approche "la nature est merveilleuse, admirons-la" avec les guêpes. Avec pour résultats que Fillotte s'est fait vilainement piqué son petit pied sucré, bien caché sous la chaise haute.
Les guêpes nous tournoyaient ensuite aussitôt que nous nous installions pour dîner dehors, particulièrement attirées par la pizza.
Au pleurs intenses et soutenus de Fillotte, la louve protectrice s'est éveillée en moi.
Nous avions besoin d'un piège.
J'avais en mémoire un système maison fait avec des bouteilles de plastiques. Très simple, tout recyclé et joli même. Nous l'avons construit avec détermination.
Il nous a fait une belle récolte, le nid au complet, je dirais !

C'est l'été depuis lundi, il était grand temps que nous passions à l'action. J'ai réussi à convaincre Fillotte qu'on n'était pas obligés d'inviter toutes ses amies pour fabriquer nos pièges. Elle amassait fleurs et grenailles dans les parcs "pour faire des pièges à guêpes" depuis le début du printemps... Aujourd'hui, profitant du congé de la St-Jean avec temps incertain, nous en avons monté cinq. Un par coin de gazebo et un pour les alentours du BBQ.

Voici comment faire aux intéressés :

Le matériel:
Bouteilles de plastiques, sucre, colorant alimentaire, eau chaude, essences (vanille, amande, citron, orange, cerise), entonnoir, ciseaux, ficelle, brocheuse, perçeuse ou un clou avec son marteau.

Première étape, on coupe le tiers supérieur de la bouteille et on le retourne à l'intérieur. On broche les bords et on fait 2 trous pour y passer la ficelle (ne faites pas comme moi, trop emballée par le liquide coloré, j'ai pensé aux trous à la fin...) :


Ensuite, on met le sucre, l'essence et l'eau chaude pour bien diluer le tout (vous pouvez aussi bien y mettre une bière, mais je n'étais pas prête à faire ce sacrifice pour ces impolies !) :


On laisse un espace entre le goulot et l'eau. La guêpe, attirée par l'odeur et la couleur, s'engage dans le goulot, vole jusqu'à la surface du liquide pour butiner et tentera de sortir par les côtés, mais jamais par là où elle est entrée. Elle vole jusqu'à ce noyer dans le liquide. Oui, c'est un peu sadique, mais chacun son point faible...

L'étape préférée de Fillotte, le colorant :

Ça nous donne un jaune, un rouge et un violet saveur vanille et un orangé et un bleu turquoise saveur amande. Miam !
Je vous donnerai les statistiques de préférence des abeilles rive-sudiennes à la fin de l'été...

Bonne Guerre !

4 juin 2010

Fraises hâtives


Les oiseaux piaillent à tue-tête, Fillotte dessine sur le balcon, pendant que j'équeute notre premier crête de fraises bio. Notre fermière a lancé l'appel cette semaine : les fraises sont arrivées beaucoup plus tôt cette année, si vous en voulez, j'en ai plein ! Normalement, les paniers de légumes ne commencent qu'au début juillet et les petits fruits sont offerts en surplus.

Après avoir rapatrié Fillotte à la garderie, nous avons pris le chemin de la ferme. En dix minutes, nous nous retrouvons au milieu des champs de blé d'inde tout frais planté. Nous y reviendrons chaque semaine cet été et, chaque fois, ils auront grandi. Si je peux penser à apporter ma caméra, je vous ferai un petit journal visuel du paysage évoluant...

J'attendais la fermière, me laissant chauffer par le soleil de fin d'après-midi pendant que Fillotte nourrissait Marguerite-la-chèvre en lui faisant la conversation. Comme la ruminante ne lui répondait pas, ni en "bêêêê" ni en autre son, elle en a conclu qu'elle ne savait pas parler, celle-là.

Nous sommes reparties chargées de fraises et de bouquets de marguerites, avec ce feeling relaxe qui m'envoûte chaque fois que je vais à la ferme. Le panier bio, une autre manière de confondre le stress !

Ce week-end, on mangera nos fraises en St-Sévrin avec les amis. La moitié est déjà coupée en morceaux, sucrés légèrement, au frigo, à côté du carton de crème...

P.S. : Pourquoi manger des fraises bio ? Parce qu'elles sont rouges jusqu'au centre, qu'elles goûtent la fraise et qu'on les cultive en respectant la terre qui nous les offre, sans utiliser de bromure de méthyle comme en Californie.

21 mai 2010

Hundertwasser (campagne 1)


Mai s'achève bientôt.
Pendant plusieurs années, ce mois fut synonyme de départ vers la campagne.
C'est plus difficile maintenant, mais ça me travaille à chaque printemps.
Il me faut du vert, du rond, de l'arbolescence... je ressens plus qu'à toute autre saison la rudesse du béton et l'âpreté de l'angle droit.
Je ne comprends toujours pas cette façon froide et carrée de concevoir les lieux de vie et les habitats. Telles que nos villes sont devenues. Telle que ma rue asphaltée l'est.
Mon âme a besoin des arrondis des feuilles, de leur bruissement et de l'ombre fraîche qu'elles offrent. Rares dans notre manière d'avoir organisé l'urbanité.

Peut-être cela me vient-il du 6,25% de sang d'améridien (une arrière-arrière-grand-mère) qui coule dans mes veines ? Là, dans mes gènes, se cachent la mémoire du tipi, la maison sans coins ?

Il y a quelques années, on m'a fait découvrir un artiste peintre architecte conscient de l'impact de la structure sur l'humain. Il en a même écrit un manifeste... en 1958 ! À cette époque, le Bauhaus rasait tout et Hundertwasser, écologiste avant l'heure, s'y est farouchement opposé. Voici deux de ses envolées au sujet de la ligne droite. Elles ont le mérite d'être claires.

« La ligne droite est un danger créé par l'homme. Il y a tant de lignes, des millions de lignes, mais une seule est mortelle, et c'est la ligne droite tracée avec la règle. Le danger qui émane de la ligne droite n'est pas comparable au danger qui émane des lignes organiques que font par exemple les serpents. La ligne droite est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création. » *
« Nous vivons aujourd'hui dans le chaos des lignes droites, dans la jungle des lignes droites. Que celui qui ne veut pas le croire se donne la peine de compter les lignes droites qui l'entourent et il comprendra car il n'arrivera jamais au bout. (...) Cette jungle de lignes droites, qui nous enferment comme dans une prison, nous devons la supprimer. » **

Si vous connaissez Gaudi et aimez le Parc Guëll autant que les enfants d'Agathe, peut-être aurez-vous envie aussi, comme moi, d'aller faire un pèlerinage en Autriche, histoire de voir en vrai les réalisations de ce fou d'Hundertwasser. En tous cas, ses toilettes étaient bien sympathiques en Nouvelle-Zélande, pays vert de vert !

Pendant qu'à Montréal on tergiverse sur la réfection de l'échangeur Turcot (à éviter ce week-end, d'ailleurs !), je rêve d'une enclave gazonnée comme il en a imaginé. Ah mais je sais, les vendeurs de béton ne seraient pas contents...


* Hundertwasser par Harry Rand, p. 37 (images tirées du même livre).
** Extraits du Manifeste de la moisissure contre le rationnalisme en architecture, lu à l'Abbaye de Seckau en 1958.

27 avril 2010

Suivre le vent

Le vent nous a mené à la montagne samedi et dans le cabanon dimanche.

À la montagne, j'ai fait un safari de fleurs sauvages de printemps, section sous-bois.

J'ai réussi à identifier la trille rouge et l'hépatique (ou "celle qui surveillent les érables", selon les Amérindiens), mais pour les autres, je lance l'appel !





Les guibolles molles, il a quand même fallu faire un arrêt au parc, section enfant. Pendant que Fillotte donnait ce qu'il lui restait à remonter les glissades à l'envers, nos papilles mourraient d'envie à l'odeur de grillades "etniques" (plutôt au ketchup, selon mon nez !).

Remarqué :  toute une faune fréquente la section pique-nique des parcs. Les familles d'immigrants s'y retrouvent, hibachi et caisse d'eau embouteillée sous le bras. Des couples traînent leur kit de chaises pliantes + glacière et se cachent à l'ombre, d'autres apportent leur hamac (!) et se bronzent au soleil en lisant Pasta et cetera de Distasio, des enfants grimpent sur les tables, des amoureux de tous âges marchent dans le sous-bois ...

Dimanche, nous avons perpétré le rituel du cabanon au printemps.
C'est simple : on sort tout ce qu'il y a dans le cabanon et on trie. Gardé, donné, jeté, recyclé.
En fait de cabanon, le nôtre fait 16 X 12 pieds de surface, en lattes de bois de plancher d'église, ce qui lui vaut le surnom de Grange. Mais comme il a une architecture douteuse et que les hydrangées ne l'ont pas encore recouvert, je n'ai pas de photo !
L'exercice du tri est salvateur. La journée y est passée, mais presque la moitié du stock aussi. En fin d'après-midi, on avait aligné les "à donner" sur le bord du chemin. Cinq minutes après un jeune a tout embarqué les jouets pour enfants dans sa voiture.
«Moi j'en ai pas, mais mon chum va être ben content !»
Le lendemain soir, après le passage des ramasseurs de ferraille, il ne restait que les 2 lits jumeaux ! Pas montés, faut dire...

Une chance que lundi je devais retourner au travail, sinon je crois bien que toute la maison y serait passée, au tri du printemps !

De toutes façons, comme il a neigé aujourd'hui, l'énergie était plus au repos. Même les tulipes ont gardé l'oeil fermé toute la journée !




13 avril 2010

Les quatre saisons en Estrie - le printemps (1)

Une porte s'ouvre chaleureusement à notre famille depuis quelques temps et chaque fois nous en profitons. Autant les hôtes que les invités, je dirais même...

Le week-end dernier, fatiguée par la route avalée au congé de Pâques, j'étais moins sûre que mon dos allait suivre.

Mais avec Madame Pilates (dont je vous parlerai sûrement un jour...), j'ai fait respirer mon carré des lombes et m'en suis sentie toute neuve, prête à repartir !
De ses petits yeux qui voient tout, Fillotte m'a fait remarquer cette poignée, pourtant maintes fois manipulée... "Maman, il y a un trou de serrure !" Comme dans les histoire de ses livres ! Elle a bien regardé dedans, s'assurant que c'était bien vrai que l'on pouvait y espionner.

Le lendemain, alors que j'émergeais d'une nuit trop courte et sirotant un café au lait divin (qualité intrinsèque des cafés fait par d'autres pour nous), les filles étaient déjà dehors, malgré la pluie, à se faire une cabane avec des parapluies, solution de rechange proposée par Mamie pour éviter qu'elles se blessent avec des planches louches qui traînaient là.

Par la fenêtre à carreaux, j'observais (mon rêve : étudier silencieusement les enfants cachée derrière une glace sans tain) ces deux oiselles qui s'entendent si bien, comme jadis leurs mères... Elles semblaient trouver naturel d'être dehors, ruisselantes et crottées, de se prendre les pieds dans les ronces, de tomber et de se relever. Elles furetaient autour, se balançaient... Juste là, ensemble.
Quand le soleil s'est pointé, les grands que nous sommes sont sortis pour enlever les clôtures à neige.
J'en ai profité pour faire une réserve de branches avec l'idée de rusticiser mes plates-bandes de bungalow.
Un petit tour à l'étang, pour ouvrir la valve, faire couler le ruisseau et chercher des oeufs de grenouilles en vain...

Respirer l'air frais et humide, regarder au loin, éviter les bouses de vaches en remontant la colline, faire des bonds avec des cailloux plats sur l'étang.
Tout à coup, on a eu envie de ça pour le restant de nos vies.
Plus de cohue, plus d'angle gris, plus de ipad.

Quoique...


À L'ÉCOUTE: LÀ-BAS CHANTÉ PAR FRED PELLERIN, PAROLES ET MUSIQUE MANU TRUDEL ET RENÉE HOULE

8 avril 2010

De St-Fé, de la bière tu rapporteras

Sélection des bières brassées dans la région du Lac-St-Jean

Imprégné, ton esprit le sera des images de décor brut.

Chute à l'Ours de la rivière Mashteuiatsh

Ours tout frais sorti de l'hibernation... au Zoo de St-Félicien

Encore une fois, Fillotte révèlera sa propension à l'action.



Le plein d'échange et de partage le coeur fera...
... et tu reviendras avec l'impression d'être partie depuis l'Éternité. Ou la Trinité ?

Jésus nous acceuillant éternellement dans le parc devant l'église


De la région, il te restera comme une odeur de chou* dans les narines,
le goût d'une Chouape blanche fraîche et moussue sur les lèvres,
la sensation du soleil chauffant les bras et des pieds mouillés dans la neige,
et la conviction que Pâques, c'est bien plus que du chocolat...


*gracieuseté des usines de pâte à papier

À L'ÉCOUTE: UN ORAGE QUI PASSE AU-DESSUS DE NOS TÊTES... DÉJÀ ?

31 mars 2010

Fin de mars

Troisième journée de pluie... les levers sont difficiles. Blottie au creux de mon lit de latex mou, je me demande pourquoi on ne nous laisse pas dormir tranquille les matins de pluie : c'est clair que mon corps subit l'influence du macrocosme et qu'il a besoin de se reposer davantage s'il pleut, mon cerveau est au ralenti parce que la pression barométrique est à la baisse ce qui rend mes fluides corporels plus visqueux, et ... Et puis Fillotte fait irruption dans la chambre, guillerette et aucunement affectée par le temps gris. Là, je me dis que ce n'est pas juste la pluie, que c'est peut-être un peu moi aussi...

Le vent a tout chassé aujourd'hui et on nous annonce une canicule de printemps pour Pâques : au-dessus du 20° C !
Tout le monde en parle, tout le monde est excité, la fièvre est contagieuse !

Nous planifions depuis longtemps une virée plus à l'est et plus au nord. Pas tant pour nous recueillir dans une chapelle rustique en souvenir de la résurrection, mais plutôt pour profiter du long congé pour visiter ma petite soeur qui habite une région lointaine, "aussi grande que la Belgique".

Ne vous en faites pas pour nous, là-bas aussi il fera chaud. Selon les moyennes locales, s'entend. Pas de p'tite robe mauve, de souliers blancs et de chapeau de paille, mais ça, on s'en fout un peu...

Je trépigne ! En voiture vers l'aventure !


Bon congé pascal à vous tous !

P.S.: Quelque chose me dit que je reviendrai avec plein d'inédits !

16 mars 2010

A nature






























Malgré tout ce que j'ai dit ici, je suis une fille de bois. Un peu moins maintenant, travail oblige.

Enfant, je passais mes étés à la campagne. J'y ai appris que les "oiseaux bleus", le trèfle et les bouts mous des graminées étaient sucrées et se mangeaient. Que les vesses-de-loup blanches et fraîches étaient très bonnes à la poêle. Je savais où débusquer les plus grosses talles de mûres. J'ai aussi sûrement mangé de l'orignal tué par mon grand-père plus qu'une fois...

Plus tard, quand le printemps recelait l'odeur de la terre humide chauffée au soleil au sortir de la maison, j'éprouvais un violent besoin de partir vers la nature. Dehors.

Je me suis déniché un travail d'été sur le bord d'un lac de Lanaudière, nanny de 4 garçons. Braves, ils me suivaient sous la pluie à la cueillette de framboises. Sur le bord du lac, j'y ai découvert et bien aimé les fruits de l'amélanchier. Le chevreuil chassé à l'arc par le paternel était parfois au menu.

Plus payant, j'ai ensuite planté des arbres sur la Côte-Nord. Sous le soleil, sous la pluie, dans le vent, dans la bouette, avec les mouches et les frappes-à-bord. Dans ce déboisé, où les collines rasées à blanc s'étalent sur des kilomètres, j'ai appris à dénicher les petites boules anti-soif sous leur guirlande de feuille, à reconnaître le thé des bois, à pêcher la truite et surtout à m'empiffrer de toutes les framboises et bleuets qui poussaient sur ma parcelle. La Côte-Nord, là où chaque bleuet a un goût différent.

À part la pimbina, je pensais que mes papilles connaissaient toutes les saveurs sauvages comestibles.

Et puis, à Noël, j'ai reçu des graines de myrica. De ma petite soeur, qui est encore plus près de la nature que moi.
Curieuse, je suis allée fouiller sur le site d'Origina, la coop forestière qui les commercialise. Premier constat : j'ai encore beaucoup à goûter ! Racines, fleurs, chatons, feuilles... toutes issues de notre forêt boréale et pratiquement inutilisées dans nos cuisines. Même les fleurs d'épilobes peuvent être mangées en salade ! Ô combien ai-je pesté contre cette #@%$&! de jolie fleur de 5 pieds de haut lorsque je devais m'y frayer un chemin sans perdre ma ligne de 2 mètres pour planter les petits épinettes noires de 6 pouces. Vert parmi le vert et les verts. J'en connais quelques unes qui vont se marrer...

Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec cette coopérative et avec cette série d'émissions de Martin sur la route (qui n'est malheureusement plus disponible sur le site de radio-canada, et pas encore sur tou.tv) dont j'ai adoré l'épisode sur l'anguille. Comment on la pêche de père en fils, comment on la tue, comment on la mange... pas pour les coeurs sensibles !
Ce qui m'a rappelé cette visite mémorable du site de l'interprétation de l'anguille de Kamouraska en compagnie de la première femme pêcheur au Canada. Les Québécois ont déjà été de grands consommateurs d'anguille, avant que les turbines des barrages en amont du fleuve n'empêchent les pondeuses de rebrousser chemin et qu'elles se fassent de plus en plus rares.
Ce même désir de partager ce que nous devrions déjà connaître, ce que nous avons oublié, Manuel Kak'wa Kurtness nous le rappelle dans son livre Pachamama (qui n'est pas encore dans ma bibliothèque de cuisine, aïe !).

Les graines de myrica ont fait partie de plusieurs essais dans ma cuisine. Je les ai d'abord saupoudrées sur un lit de tomates et de courgettes, cuites au four. Trop amer. Trop broyées ? Fillotte y avait mis beaucoup d'ardeur... Chez Martine, j'ai trouvé une façon de les utiliser en marinade. Peut-être avais-je été trop légère sur le concassement ? Chat échaudé... mais ça ne goûtait rien de bien spécial. Finalement, ce week-end, j'ai essayé la marinade proposée par Origina, mais au lieu du veau, je l'ai fait avec des tranches de boeuf destinées à la raclette. Il n'en est pas resté...