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6 février 2014

Énumération


«Tu travailles juste 3 jours par semaine ?»

Celle-là ne m'irrite plus comme au début.
Dans mon bureau, je reçois à toutes les semaines des patients qui font leur 9@5, cinq jours sur sept et qui sont presque au bout du rouleau. Il ne reste souvent qu'un petit bout de corde...
Et alors je me dis que je suis bien chanceuse de pouvoir faire «juste» trois jours semaine. Que j'ai bien fait de choisir de me contenter des revenus qui viennent avec. Bon, je ne fais pas exactement rien les deux autres jours de la semaine. Disons que j'assure une présence clinique trois jours et que je fais tout le reste les deux autres jours : retours d'appels, commande de stock, papeterie, comptabilité, recherche, lectures, formation, projets connexes, etc.
Mais à ces tâches professionnelles s'ajoutent les folles aventures d'une mère de famille et ça donne des journées comme aujourd'hui. J'ai eu envie de faire une petite liste de ces journées qui, de l'extérieur, semblent promettre du «temps libre» :

Levée à 6h30 pour aller reconduire Fillotte à l'école parce que ce matin, Fiancé doit être au travail plus tôt.
Avoir un peu de lousse dans l'horaire et en profiter pour faire pratiquer le piano à Fillotte pendant que je vérifies ma liste d'épicerie.
Reconduire Fillotte à l'école et filer faire l'épicerie. Le bonheur à huit heures du matin d'avoir les allées à moi toute seule. Y rencontrer une patiente et jaser avec la caissière. Faire un don de 2$ pour la Fondation des maladies du coeur.
Ranger l'épicerie. Figurer le repas du soir. Mettre la viande à mariner pour ce soir et pour demain.
Libérer de l'espace dans le congélo d'en haut. Dégeler des bananes.
Trier le linge et partir un lavage. J'en ferai cinq dans ma journée.
Prendre des nouvelles de ma belle-mère.
Régler des questions en suspens par courriel.
Fixer un rendez-vous en ostéo pour Fiancé.
Mettre à jour l'agenda familial.
Diner.
Finir la lecture d'un article sur les sources des douleurs au dos et le mettre sur le mur facebook de ma page professionnelle.
Mettre à jour ma banque de données.
Mettre trois fichiers comptables à jour : le mien, celui de la maisonnée et celui de l'entreprise de Fiancé.
Aller chercher Fillotte à la fin des classes pour aller à son cours de piano (avoir prévu une collation).
Cours de piano avec Fillotte.
Aller à la clinique pour un R-X prescrit par l'ORL.
Au retour, passer à la banque et chez le cordonnier parce que la glissière de ma botte m'a lâchée pour la troisième fois.
À la maison, préparer le souper tout en gérant une Fillotte qui ne veut que jouer sur sa tablette (alors qu'elle vient de passer une heure dans la salle d'attente à jouer avec un chat virtuel sur mon iphone).
L'envoyer prendre sa douche à l'arrivée de Fiancé.
Pendant que le souper est au four, préparer un gâteau aux bananes et le mettre au four une fois le souper prêt.
Manger un succulent filet de porc à l'orientale en famille.
Ranger la cuisine et faire la vaisselle pendant que Fiancé met Fillotte au lit.
Manger du succulent gâteau bananes-choco.
Faire le lunch de Fillotte - pédago demain.
Venir résumer ma journée ici avant d'aller au lit pour continuer ma lecture du Féminisme québécois raconté à Camille.
Voilà.
Une de ces journées où je ne travaille pas.






20 juin 2012

Relevailles bis

Combien de toutous ? - Archives 2006

  Je me souviens d'une chose après mon accouchement : j'avais beaucoup de choses à dire, mais trop peu de temps pour le faire !

  Maintenant, Petite Soeur me rattrape. Me voilà fraîchement tante et mon réflexe de conseillère reprend du service. J'ai envoyé un petit courriel à la famille, me rappelant certains essentiels à faire et à ne pas faire.

  Il faut dire que Petite Soeur habite loin alors nous sommes obligés d'être ses invités. En relevailles, fatiguée, avec une toute nouvelle petite personne à prendre soin et à apprendre à aimer, elle a d'autant plus besoin de compréhension de notre part.

  Inspirés par mes cours de yoga maternité, d'aqua-bédaine, d'ateliers mère-enfant, des blogues de mères et d'études sérieuses sur le nouveau-né, voici donc mes chaudes recommandations aux visiteurs:

  Tout d'abord, vous tenez à offrir un cadeau de nouveau-né, mais vous ne savez pas trop quoi. Il n'est pas déplacé de demander directement aux parents. S'ils ont hérité d'une tonne de stock usagé, ils sauront ce qui leur manque. S'ils sont comblés côté vêtements, meubles, carrossables et cossins de toutes sortes, facile : pensez bouffe ! Des plats préparés, des muffins, des biscuits, le plat préféré de maman ou celui de papa. Vous les délesterez ainsi d'une, voire deux tâches quotidiennes : les repas ! Si vous n'avez pas le temps de cuisiner, offrez une épicerie et occupez-vous du souper. Ils apprécieront le geste beaucoup plus qu'un énième toutou !

  [ Petite remarque technique à propos de la bouffe maison: si bébé fait des coliques, allez-y mollo avec les onions, crucifères, fèves, le maïs... Rien ne le prouve, mais ces aliments une fois ingérés par la mère allaitante augmenteraient les crises chez bébé. Passé le troisième mois, ça devrait aller… ]

  Dans le même ordre d'idée : donnez un coup de main de ménage/lavage/vaisselle/repassage/désherbage/tondeuse selon ce que vous êtes capable de faire et ce que les parents voudront bien vous laisser faire, bien sûr.

  Si vous n'êtes bon ni en cuisine, ni en travaux ménagers, vous pouvez offrir du "temps de bras" (maman dort pendant que bébé est dans vos bras, par exemple) mais, de grâce, laissez votre bouteille de parfum à la maison : difficile ensuite d'allaiter un bébé qui sent matante Germaine !

  Enfin, sachez reconnaître les signes de fatigue et les besoins de repos de la maman. Si elle ne veut pas être impolie, elle ne peut pas vous mettre à la porte, malgré son envie profonde de se caler la tête sur l'oreiller. D'ailleurs, nouvelles mamans, il est conseiller d'être vous-mêmes la visiteuse : il sera plus facile de quitter quand le besoin s'en fera sentir.

Voilà. À mon fourneau, maintenant.

PS : si vous avez d'autres idées, vous êtes les bienvenus dans les commentaires !

8 janvier 2011

Marche glacée

La forêt estrienne, avant la fondue des neiges
Aussitôt 2011 arrivée, il a plu et la belle neige a presque toute fondu. Comme aux Fêtes l'an dernier... mais cette année, pas question de se laisser avoir ! Nous allions sortir et bouger quand même ! Et qu'est-ce qu'on peut faire dehors l'hiver quand les pentes des glissades sont redevenues vertes, qu'il n'y plus de neige dans la rue et que tout le reste est glacé ? Pas grand chose, allions-nous le constater...

Ni raquettes, ni ski de fond, ni patin... alors, de la marche ? Mais où ? Pour les montagnes, il y a les montérégiennes. Exclu le Mont St-Hilaire, trop apic pour la petite. Je téléphone au Mont St-Bruno, afin de connaître l'état des sentiers. Le préposé à l'accueil (qui visiblement ne sait pas ce que le mot accueil signifie) me répond laconiquement que du gravier a été épendu, mais que ça peut être glacé. Est-ce que c'est faisable avec un enfant de 5 ans ? "Comme je vous dis, ça peut être glacé." Conclusion : on ne fera pas 30 minutes de route et payer des frais d'entrée pour possiblement se casser la marboulette ! Dommage, nous y étions quelques jours auparavant et le chili de la nouvelle cantine était délicieux avant après la marche !

Courte réflexion faite, nous décidons d'aller sur le Mont Royal, où les sentiers sont habituellement bien entretenus, à la quantité de Montréalais et de touristes qui y défilent.
[hum... Ironie quand même d'habiter la banlieue et d'aller "faire du plein air" en ville...]

Passés le roc avec ses glaçons bleus (au grand Wow ! de Fillotte), nous voilà en haut avec, finalement, un petit creux à l'estomac. Il me semble qu'un chocolat chaud, ça part bien une marche, non ?

En glissant quand même un peu sur le chemin, nous arrivons au Chalet de la Montagne aussi appelé Château du Belvédère. Re-Wow ! extatique de Fillotte en y entrant. Dans le style Beaux-Arts français, le Chalet a plutôt des airs de salle de bal avec son plafond aux poutres soutenues par des écureuils géants, ses lustres de métal bleutés et ses portes sur trois côtés, avec une âtre sur le quatrième. Nous nous dirigeons vers les deux rangées de tables et chaises, tout au fond.

La cantine ? Ben, y'en a plus. À la place  sévissent une dizaine de machines distributrices et 4 micro-ondes (c'est gentil) dans l'ancienne cuisine. L'accueil ? Un jeune homme assis sur un tabouret à un mini comptoir répond aux questions des touristes et, surtout, jase avec ses amis venus le désennuyer. Il reste le comptoir des Amis de la Montagne où une caissière et ses cartes postales tentent de ramasser des fonds au profit de l'organisme qui se bat et se débat pour protéger notre montagne des condos et autres horreurs qui veulent bouffer ses pentes.

Soudain, j'ai l'impression que Montréal a abandonné son Chalet. Alors qu'il pourrait être un vrai lieu de rencontre, pour se poser entre la montée et la descente, se réchauffer ou se ravitailler de vrai café, de queues de castor, de pets de soeur (ou de chili !) tout en admirant les tableaux historiques qui ornent les murs.

Nous avons bu notre chocolat chaud en grignotant un sandwich jambon-fromage-orange-pain-blanc, puis nous avons parcouru le sentier qui couronne le Mont Royal, sans tomber. Quand même, j'ai noté que les mésanges et écureuils semblaient très satisfaits, eux, du lunch qu'on leur offrait dans les mangeoires...


Pour pénétrer dans l'univers de la Montagne, je vous suggère ce lien, sorte de work in progress public sur le Mont Royal : sacreemontagne.onf.ca

28 octobre 2010

La parlotte

Clouée au lit par un rotavirus non identifié, j'ai le cerveau trop en bouillie pour lire quoi que ce soit d'intense. Le net remplace la télé et les médias sociaux remplacent Ciné Quizz. Me voilà à fureter et j'en apprends des belles sur l'actualité de la semaine !

Joël Legendre est gai et n'en a pas parlé...

Michelle Blanc a eu une vaginite et en a tellement parlé...

Anne-Marie Losique et Pierre Thibault se parlent et ont même fait Vanessa ensemble...

Ouf ! Tellement déprimant de superficialité inutile, que du coup, j'ai commencé à me sentir mieux et à vouloir vite vite retourner au travail.

Heureusement, il y a aussi de vraies nouvelles. Après une soupe au poulet et nouilles, j'avais un peu plus de cerveau. J'ai trouvé des trucs pas nécessairement moins déprimants, mais qui nous concernent tous un peu plus que les déboires de certaines personnalités.

À Montréal, les journalistes continuent de faire le travail de la police/d'une commission d'enquête toujours refusée par Charest et découvrent que même la mafia fait des efforts écologiques....

Au Québec, un grand dirigeant de la convergence n'aime pas être critiqué et le fait savoir subtilement.

Le Canada continue de s'enliser dans une image rétrograde, conservatrice et ... hypocrite, quant à moi. Non, ce n'est peut-être plus une bonne idée de coudre un drapeau canayen sur vos sac-à-dos lors de périple à l'étranger !

Une petite clique de grands dirigeants américains savaient très bien ce qu'ils faisaient... et s'en sont très bien sortis, eux.

L'information, c'est ça. C'est pas agréable à entendre, on se sent souvent impuissants, mais la moindre des choses est de savoir. Car ces nouvelles ont toutes un lien direct avec notre vie quotidienne. C'est-à-dire : quand on ouvre la télé ou le journal, quand on achète un livre ou un service de télécommunications, quand on vote, quand on prend une hypothèque et même quand on doit attendre 3 heures dans une salle d'attente pour voir le médecin...

Joël, Michelle et AML n'y peuvent pas y changer grand chose, mais tout ce bruit autour d'eux peut nous empêcher de savoir.

9 septembre 2010

Lac Mégantic (3)

Les vacances au Lac Mégantic n'étaient aucunement programmées.
C'était des vacances...

Nous savions que nous allions dire bonjour à un grand oncle, tout en évitant son classique tour du lac en ponton. J'ai appris l'an passé les limites de Fillotte après deux heures sur un bateau...

Nous sommes donc allés faire de petites excursions pas vraiment planifiées. Tour de pédalo au coucher du soleil. Sentier de bois dans les marais, avec tour d'observation. Sentier en fôret ombragée avec safari photo des fleurs locales...

En revenant de l'une d'elle, arrêt à Nantes, où l'Église affichait "Bric-à-brac". L'affiche ne mentait pas. Toute l'Église était envahie d'antiquités, de vêtements, de babioles, de bibelots... et de poussière.
Lieu de culte ? Plus maintenant. L'Église a été rachetée par deux couples à la retraite qui y habitent et y font commerce de tout ce dont les gens se débarrassent dans la région. Il y a avait de petites perles et aussi n'importe quoi à n'importe quel prix !

Amputée de son clocher trop vieux et dangereux, elle avait un drôle d'air. Mais comment font les gens pour aller à la messe, maintenant ? "Ah ben, faut connaître l'horaire pis être disponible quand il y en a une ! Y'en avait une samedi à sept heures à Woburn, mais j'ai pas pu y aller..." de m'expliquer Jeannine, l'une des propriétaires. Les célébrations sont réparties entre les différents villages autour du lac et il faut téléphone aux différentes paroisses pour savoir où et quand. En revanche, le W*l-Mart de Lac Mégantic est ouvert tous les jours de la semaine !

L'Église de Sainte-Agnès à Lac-Mégantic est énorme, toute en briques oranges, et curieusement, au lieu de faire face au lac et à la rue principale, elle regarde vers les États-Unis, tout proches. Il faut dire que l'économie locale doit beaucoup à son exportation de sapins de Noël vers le Maine et le New Hampshire...

Plus au sud, à Piopolis, l'Église de Saint-Zénon s'en tire plutôt bien. Toute de bois peint blanc, elle règne fièrement en amont du village et peut admirer le lac de son clocher.



Le jubé est particulièrement sympathique avec ses bancs amortis pour les derrières fragiles...


On y a retrouvé Sainte-Anne...

Et Fillotte a exploré tous les racoins elle aussi...


Mais malgré son église coquette, le village de Piopolis, comme plusieurs autres au Québec, verra bientôt sa Caisse populaire fermer. Ne restera plus qu'un guichet automatique. Car dans la grande coopérative québécoise ne peuvent coexister un guichet et une caissière. Celle qui nous l'a expliqué gardait son poste, mais était tranférée à Lac-Mégantic. Quant à ses collègues...

23 août 2010

Histoire en plusieurs actes

Petite recherche sur google, je ne sais plus sur quel sujet, mais ça concernait la petite enfance alors j'ai ajouté "petit monde", portail qui m'est souvent fort utile depuis que je suis maman. Résultat quand je clique sur les liens de petit monde : une page d'accueil tape à l'oeil. Yoopa. Petit monde n'existe plus, maintenant, c'est Yoopa. On n'explique pas plus. Yoopa est très coloré, mais tout mince en info. Je repars bredouille du site.

Quelques jours plus tard, dans la file d'attente à l'épicerie, mes yeux tombent sur un magazine au titre rose géant : Yoopa.

En vacances au chalet loué, il pleut et je balaie les chaînes de télé, cherchant quelque chose pour ma fille ... je passe Teletoon et je tombe sur quoi ? Yoopa ! Une autre chaîne spécialisée pour les enfants.

Hum... ça sent le roussit.

Et la finale : je lis le dernier post d'un des blogues de mamans que je visite régulièrement et l'article se termine par : "N'oubliez pas de nous lire dans chaque numéro du magazine Yoopa !"

Cliquons sur le lien, justement.

Et voilà : Yoopa, TVA, Quebecor Media.

La source de l'odeur de roussit.

Ou de la convergence, appelez ça comme vous voulez.

Mais moi, cette odeur me donne mal au coeur.

24 juillet 2010

Champ 3

Les plants de maïs continuent de profiter du temps chaud et des pluies occasionnelles. C'est maintenant un mur qui borde le rang qu'on emprunte pour aller à la ferme !
Devinez ce que ma fouine a réussi à dénicher aussitôt le nez dans le blé d'inde ?

Chenille de monarque, toute recroquevillée de peur...
- - - - - 
Clins d'oeil en direct de la ferme :

Comme à l'école, il y a surtout des femmes/mères au rendez-vous hebdomadaire du panier de légumes bio. Cette semaine, un papa venait clairement pour la première fois, accompagné des ses trois enfants.  Sa plus jeune, déjà rodée, remplissait les sacs. À la fin, devant le choix des fines herbes, il a appelé sa femme avec son cellulaire :  "Chérie, quelle sorte d'herbe as-tu besoin ?"

Une mère avec sa fille se demandait quelles herbes nous avions cette semaine à l'autocueillette.  Je lui remet les ciseaux en lui indiquant où sont la sauge et le thym dans le jardin, ce à quoi elle répond avec une pointe d'agaçement dans la voix : "J'ai déjà tout ça à la maison !" et elle tourne les talons.

La Jeanne d'Arc en moi a eu envie de lui faire une jambette, juste pour que son nez se rapproche un peu de l'odeur de la terre et qu'elle réalise que notre fermière, sa famille et leurs employés guatémaltèques  triment dur tout l'été, à semer, arroser, désherber, cueillir et laver nos légumes. Chaque saison, ils doivent retrousser les manches et continuer de se battre pour "faire du bio".
Le nez dans la terre, le soleil dans le dos.

Je n'ai pas fait de jambette et l'ai laissé filer avec sa mauvaise foi.

- - - - -
À la maison, en déballant le panier, je me suis extasiée devant les deux petits nouveaux, rajoutés suite aux suggestions des partenaires l'été passé. Des belles échalotes longues, fines, toutes fraîches et de magnifiques bulbes d'anis en éventail... rien à voir avec ceux de l'épicerie !

L'anis a fini dans la poêle, à la crème et à la moutarde.
Les échalotes ont accompagné des champignons et la sauge en garniture sur les côtelettes d'agneau (bio) grillées au bbq. Je reste mystifiée devant la similarité des odeurs : est-ce la sauge qui sent l'agneau ou l'inverse ?



2 juillet 2010

Barre-toi de mon herbe et marche à l'ombre !

J'ai eu des frissons de filles en lisant l'article de cyberpresse Torontonamo aujourd'hui.



Cet extrait de l'arrivée des policiers dans le gymnase m'a glacé le dos. Je ne peux m'empêcher de noter le contraste entre le ton du policier francophone et de l'anglophone. Lequel semblait effectuer exactement les commandements de notre premier ministre.

Maintenant, à chaud, j'ai plein de questions :

- Pourquoi faire un sommet à Toronto après l'expérience de Gênes en 2001 ? Et y dépenser des tonnes de notre argent et en profiter pour passer des lois spéciales secrètes d'intervention policière...

- Pourquoi la gauche tombe-t-elle toujours dans le panneau et se fait arrêter ? Pourquoi ne pas faire un Gparallèle avec des tables rondes de discussions et y inviter les mêmes journalistes ?

- Comment ne pas être contre la brutalité policière et en vouloir à tout ce qui porte un uniforme-avec-gun quand on est un de ces jeunes qui a voulu voir le G20 de près et qui se fait arrêter dans une situation où visiblement il n'est pas en train de faire du grabuge (ou comment cultiver la haine des forces de l'ordre et créer encore plus de violence ) ?

- Qu'est-ce qui s'est passé dans la tête des policiers pour que la petite lumière du jugement ne s'allume pas alors qu'ils "s'occupaient" de ces jeunes emprisonnés ? Et que dire à propos du juge ?

- Y a-t-il un fond de chicane Québec/ROC* là-dedans ? Ou alors des restants de la colère de Harper contre le Québec qui ne veut pas l'élire ?

- Une société vieillissante est forcément plus conservatrice, les sociologues le disent depuis que nous avons constaté que la pyramide s'inverserait. Est-ce que cela veut dire que l'extrême droite avec un état totalitaire est inévitable au plan politique ?

Octobre 1970 me semble tout à coup beaucoup moins loin... mais je me console en me disant qu'au moins, personne ne s'est fait arrêter à Montréal lors des manifs d'hier.


Bonne fête Canada !

Bonjour Sa Majesté la Reine !


* ROC : Rest of Canada

21 mai 2010

Hundertwasser (campagne 1)


Mai s'achève bientôt.
Pendant plusieurs années, ce mois fut synonyme de départ vers la campagne.
C'est plus difficile maintenant, mais ça me travaille à chaque printemps.
Il me faut du vert, du rond, de l'arbolescence... je ressens plus qu'à toute autre saison la rudesse du béton et l'âpreté de l'angle droit.
Je ne comprends toujours pas cette façon froide et carrée de concevoir les lieux de vie et les habitats. Telles que nos villes sont devenues. Telle que ma rue asphaltée l'est.
Mon âme a besoin des arrondis des feuilles, de leur bruissement et de l'ombre fraîche qu'elles offrent. Rares dans notre manière d'avoir organisé l'urbanité.

Peut-être cela me vient-il du 6,25% de sang d'améridien (une arrière-arrière-grand-mère) qui coule dans mes veines ? Là, dans mes gènes, se cachent la mémoire du tipi, la maison sans coins ?

Il y a quelques années, on m'a fait découvrir un artiste peintre architecte conscient de l'impact de la structure sur l'humain. Il en a même écrit un manifeste... en 1958 ! À cette époque, le Bauhaus rasait tout et Hundertwasser, écologiste avant l'heure, s'y est farouchement opposé. Voici deux de ses envolées au sujet de la ligne droite. Elles ont le mérite d'être claires.

« La ligne droite est un danger créé par l'homme. Il y a tant de lignes, des millions de lignes, mais une seule est mortelle, et c'est la ligne droite tracée avec la règle. Le danger qui émane de la ligne droite n'est pas comparable au danger qui émane des lignes organiques que font par exemple les serpents. La ligne droite est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création. » *
« Nous vivons aujourd'hui dans le chaos des lignes droites, dans la jungle des lignes droites. Que celui qui ne veut pas le croire se donne la peine de compter les lignes droites qui l'entourent et il comprendra car il n'arrivera jamais au bout. (...) Cette jungle de lignes droites, qui nous enferment comme dans une prison, nous devons la supprimer. » **

Si vous connaissez Gaudi et aimez le Parc Guëll autant que les enfants d'Agathe, peut-être aurez-vous envie aussi, comme moi, d'aller faire un pèlerinage en Autriche, histoire de voir en vrai les réalisations de ce fou d'Hundertwasser. En tous cas, ses toilettes étaient bien sympathiques en Nouvelle-Zélande, pays vert de vert !

Pendant qu'à Montréal on tergiverse sur la réfection de l'échangeur Turcot (à éviter ce week-end, d'ailleurs !), je rêve d'une enclave gazonnée comme il en a imaginé. Ah mais je sais, les vendeurs de béton ne seraient pas contents...


* Hundertwasser par Harry Rand, p. 37 (images tirées du même livre).
** Extraits du Manifeste de la moisissure contre le rationnalisme en architecture, lu à l'Abbaye de Seckau en 1958.

16 mars 2010

A nature






























Malgré tout ce que j'ai dit ici, je suis une fille de bois. Un peu moins maintenant, travail oblige.

Enfant, je passais mes étés à la campagne. J'y ai appris que les "oiseaux bleus", le trèfle et les bouts mous des graminées étaient sucrées et se mangeaient. Que les vesses-de-loup blanches et fraîches étaient très bonnes à la poêle. Je savais où débusquer les plus grosses talles de mûres. J'ai aussi sûrement mangé de l'orignal tué par mon grand-père plus qu'une fois...

Plus tard, quand le printemps recelait l'odeur de la terre humide chauffée au soleil au sortir de la maison, j'éprouvais un violent besoin de partir vers la nature. Dehors.

Je me suis déniché un travail d'été sur le bord d'un lac de Lanaudière, nanny de 4 garçons. Braves, ils me suivaient sous la pluie à la cueillette de framboises. Sur le bord du lac, j'y ai découvert et bien aimé les fruits de l'amélanchier. Le chevreuil chassé à l'arc par le paternel était parfois au menu.

Plus payant, j'ai ensuite planté des arbres sur la Côte-Nord. Sous le soleil, sous la pluie, dans le vent, dans la bouette, avec les mouches et les frappes-à-bord. Dans ce déboisé, où les collines rasées à blanc s'étalent sur des kilomètres, j'ai appris à dénicher les petites boules anti-soif sous leur guirlande de feuille, à reconnaître le thé des bois, à pêcher la truite et surtout à m'empiffrer de toutes les framboises et bleuets qui poussaient sur ma parcelle. La Côte-Nord, là où chaque bleuet a un goût différent.

À part la pimbina, je pensais que mes papilles connaissaient toutes les saveurs sauvages comestibles.

Et puis, à Noël, j'ai reçu des graines de myrica. De ma petite soeur, qui est encore plus près de la nature que moi.
Curieuse, je suis allée fouiller sur le site d'Origina, la coop forestière qui les commercialise. Premier constat : j'ai encore beaucoup à goûter ! Racines, fleurs, chatons, feuilles... toutes issues de notre forêt boréale et pratiquement inutilisées dans nos cuisines. Même les fleurs d'épilobes peuvent être mangées en salade ! Ô combien ai-je pesté contre cette #@%$&! de jolie fleur de 5 pieds de haut lorsque je devais m'y frayer un chemin sans perdre ma ligne de 2 mètres pour planter les petits épinettes noires de 6 pouces. Vert parmi le vert et les verts. J'en connais quelques unes qui vont se marrer...

Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec cette coopérative et avec cette série d'émissions de Martin sur la route (qui n'est malheureusement plus disponible sur le site de radio-canada, et pas encore sur tou.tv) dont j'ai adoré l'épisode sur l'anguille. Comment on la pêche de père en fils, comment on la tue, comment on la mange... pas pour les coeurs sensibles !
Ce qui m'a rappelé cette visite mémorable du site de l'interprétation de l'anguille de Kamouraska en compagnie de la première femme pêcheur au Canada. Les Québécois ont déjà été de grands consommateurs d'anguille, avant que les turbines des barrages en amont du fleuve n'empêchent les pondeuses de rebrousser chemin et qu'elles se fassent de plus en plus rares.
Ce même désir de partager ce que nous devrions déjà connaître, ce que nous avons oublié, Manuel Kak'wa Kurtness nous le rappelle dans son livre Pachamama (qui n'est pas encore dans ma bibliothèque de cuisine, aïe !).

Les graines de myrica ont fait partie de plusieurs essais dans ma cuisine. Je les ai d'abord saupoudrées sur un lit de tomates et de courgettes, cuites au four. Trop amer. Trop broyées ? Fillotte y avait mis beaucoup d'ardeur... Chez Martine, j'ai trouvé une façon de les utiliser en marinade. Peut-être avais-je été trop légère sur le concassement ? Chat échaudé... mais ça ne goûtait rien de bien spécial. Finalement, ce week-end, j'ai essayé la marinade proposée par Origina, mais au lieu du veau, je l'ai fait avec des tranches de boeuf destinées à la raclette. Il n'en est pas resté...

12 mars 2010

A culture


Je voulais aller voir le dernier film de Sophie Desrape Les signes vitaux la semaine passée. Film tourné ici. Il joue dans 2 salles. Deux. En ville. Il y un cinéma avec 16 salles à 15 minutes de chez moi, mais le film n'y joue pas. Par contre, pour les derniers blockbusters américains doublés en français de France, c'est pas le choix qui manque...

Petit retour en arrière :

Je suis née à la campagne, mais comme mes deux parents travaillaient "en ville", nous avons vite été des premiers côlons de la banlieue sud de Montréal.

Toute mon adolescence, j'ai rêvé de la ville (et aussi de la France, mais ça, c'est un autre chapitre !).

Parce qu'en ville on pouvait :

- Aller voir des films dans des cinémas
- Magasiner des disques
- Prendre un café dans ... un café
- S'acheter des vêtements différents de ceux portés par toute la polyvalente
- Acheter des livres usagés pour pas chers
- Bien manger au resto
- Manger des vraies crèmes caramel et de vrais gâteaux au fromage
- Marcher et lire dans un joli parc
- Sortir et danser jusqu'aux petites heures du matin

et, accessoirement, voire une faune bien différente de celle de la banlieue.

J'étais donc bien contente d'habiter tout près du terminus d'autobus qui nous emmenait en 20 minutes au centre-ville.

Quand vint l'heure de choisir un cegep, j'ai bien entendu choisit un cegep en ville et je me suis arrangée pour aller habiter - en ville - chez ma grand-mère. De fil en aiguille, j'ai eu mon propre appartement avec une copine, etc.

Au moment de me lancer en affaires, le marché était plutôt saturé sur l'île de Montréal et j'ai décidé de travailler en banlieue. En plus d'avoir un horaire hors des heures de pointe, je circulais dans le sens inverse du flot des autos qui traversent le pont chaque jour pour aller travailler en ville.

Après 10 ans, un couple stable (avec un gars de la ville !) et un enfant, le prix des maisons était tel en ville que nous nous sommes retournés vers le marché de la rive-sud et y avons trouvé toiture à notre famille. Et plein d'autres avantages aussi :  une grande cour, des gentils voisins et surtout, le calme de la presque prairie.

[Bon, ma ville de banlieue est quand même un peu spéciale. Elle a un quartier historique avec une vraie société d'histoire, un petit musée et une crypte sous l'église. Elle possède un marché extérieur trois saisons, une chocolaterie, une poissonnerie, un magasin de bonbons-comme-dans-l'ancien-temps situé juste en face d'une boutique de jouets et un vrai stand à patates frites fermé l'hiver. D'un côté, elle est longée par une rivière et de l'autre, par le fleuve. Le boulevard Taschereau la traverse, mais avec des trottoirs de chaque côté et des arbres au milieu !]

Plus de 20 ans ce sont écoulés depuis mes premières escapades en ville et on pourrait croire, parce qu'elle est de plus en plus étalée, peuplée et diversifiée, que la banlieue vaut bien la ville.

Eh bien non. Malgré le boulevard Taschereau (ou à cause de lui ?), malgré tout le fuzz et le buzz qu'on a créé autour du Dix30, l'air culturel est plutôt sec en banlieue.

Je me suis donc surprise à faire un petit examen des éléments de ma liste d'adolescente et voici ce que ça donne :

- Aller voir des films dans des cinémas :
Si vous avez envie d'une expérience son (très fort !) et lumière avec flot d'odeur de popcorn beurré dans des salles bondés d'adolescents qui parlent tout le long de la projection du dernier blockbuster, oui, on peut dire qu'on peut aller voir des films dans des cinémas. Sinon, on peut louer des films directement chez Q*uébecor (déguisé en V*idéotron). Ils ont quand même le film de Woody Allen. Quoi ? Il n'en a pas fait juste un ? (Je dois quand même ici être honnête et avouer qu'en ville les cinémas indépendants sont aussi tous morts. Le dernier qui restait s'est fait trancher la gorge l'année passée.)

- Magasiner des disques :
C'est possible, mais seulement dans des grandes chaînes (dont Q*uébecor déguisé en A*rchambault) ou  pire, dans les grandes surfaces. Encore ici, c'est pas mieux en ville : disparus les Discus, Sam the Record Man et Dutchy's. C'est vrai, internet change la donne et permet à l'indépendant de se faire connaître, en ville ou ailleurs. Et sincèrement, je suis jalouse des ados d'aujourd'hui qui ont toute cette musique au bout des doigts !

- Prendre un café dans ... un café :
C'est possible, si on appelle un café le liquide brun qui est servi chez Timortonne et où, tous les matins, les VUS font la file au service à l'auto. Et non, y'a pas de macarons, que des beignes et des muffins bien gras.

- S'acheter des vêtements différents de ceux portés par toute la polyvalente :
Ah, là, y'a plus de choix. Toutes les boutiques de vêtements sont au Dix30 et celles qui n'y sont pas, sont soit au Mail Champlain, soit aux Promenades St-Bruno. Mais ça prend une auto pour s'y rendre, quand même ! Ou beaucoup de patience : temps de parcours ma maison-Dix30 en auto : 13 minutes. En autobus : 49 minutes. Données obtenues avec pas de neige.

- Acheter des livres usagés pour pas chers :
Il paraît qu'il existe une librairie de livres usagés dans la ville voisine de la mienne, soit à 20 minutes d'autoroute.

- Bien manger au resto :
Oui, il a plusieurs restos agréables. Particulièrement dans le quartier historique, qui en compte 4. Tous de la cuisine française d'excellente qualité. Nous avons aussi la meilleure pizza et le meilleur poulet rôti sur charbon de bois de la rive-sud (c'est pas moi qui le dit !). Sinon, les resto chinois, vietnamiens, indiens commencent à poindre le nez, mais ils sont toujours situés dans des centres d'achats du boulevard Taschereau. Bonjour la vue sur le stationnement et le traffic des lumières rouges !

- Manger des vraies crème caramel et de vrais gâteaux au fromage :
C'est possible dans les restos du quartier historique. On peut aussi trouver de bons fromages, de bons vins et des baguettes fraîches dans toutes les épiceries. Fiou !

- Marcher et lire dans un joli parc :
Ici, parc est synonyme d'aire de jeux pour enfants : balançoires, jeux d'eau, carré de sable, sertis d'un ou deux banc publics. Avec beaucoup de soleil, parce qu'on a oublié de planter des arbres. Résultats : ils sont fréquentés par les garderies du quartier les jours de semaine, des enfants le week-end et des ados à la recherche d'intimité/qui s'ennuient pendant les soirées. L'hiver, le plus grand parc de notre ville se dote d'une montagne de neige pour glisser et d'un anneau de glace pour patiner. Avec des "fêtes de l'hiver" tous les dimanches après-midi. L'intention est louable pour les familles, les jeux gonflables et le chocolat y sont gratuits, mais pourquoi nous imposer une musique assourdissante avec un animateur boboche à micro ?

- Sortir et danser jusqu'aux petites heures du matin :
IM-POS-SI-BLE. Ok, je nuance : si vous aimez le tchikaboum américain et seulement ça, il y a bien 2 ou 3 boîtes avec line-up, même. Mais si vous demandez le dernier hit de Radio Radio, de Madame Moustache, d'Arthur H ou de M au didgé, il vous regardera avec ses beaux yeux de merlan frit.

Voilà.
Je ne sais pas ce dont Fillotte rêvera dans 10 ans.
Mais nous serons toujours là pour ouvrir les rideaux de son horizon culturel, quitte à les déchirer s'il le faut !

27 janvier 2010

Message aux filles


La plupart d'entre nous le savent. Notre flair nous dit : Ben voyons, c'est pas vrai c't'affaire-là !

Mais il semble que nous ayons toutes une petite naïve intérieure bien cachée, une crédule qui ne demande qu'à croire et qui, au cas où ce serait vrai, va envoyer le canular-de-peur alias message-bien-intentionné à tous ses contacts féminins.

Et la mauvaise nouvelle se répand.

Dernièrement, on m'a ainsi prévenue d'un "nouveau" cancer du sein, le paget du mamelon. En invoquant la perte de Lhasa De Sela, comble de l'insulte. Une petite recherche m'a permis de réaliser que ce cancer n'est pas nouveau du tout, qu'il est très rare et que dans tous les cas, les médecins investiguent les taches suspectes, qu'elles soient sur le mamelon ou ailleurs.

Dans la dernière année seulement, on m'a demandé de faire attention aux vendeurs de parfum dans les stationnements, aux peintres qui offrent leurs services aux stations d'essence et au petit papier collé sur la vitre arrière de la voiture. Les filles, qu'on se le dise, le monde est plein d'hommes méchants qui nous guettent, prêts à nous droguer, nous voler notre portefeuille et s'enfuir avec notre voiture !

Ces légendes urbaines saugrenues reprennent une vieille thématique qui semble essentielle à la psyché féminine : le Grand Méchant Loup nous guette et manigance un plan pour mieux nous dévorer.

Désolée de vous décevoir les filles mais dans les faits, c'est beaucoup moins fantasmagorique que ça : un canular a comme objectif d'être envoyé au plus grand nombre possible de gens afin de contaminer, par le virus qu'il contient, le plus d'ordinateurs possible. À notre insu et pire, grâce à nous !

Les dommages collatéraux de tels arnaques sont tout de même réels et bien sournois. Ils entretiennent des sentiments de peur et ne font que nous insécuriser davantage.

Nous n'avons pas besoin de ça.

Au lieu de nous créer de nouvelles peurs, nous devrions nous solidariser. Nous refiler des trucs afin d'être plus alertes devant notre ordi et ne plus se faire prendre par le premier Loup venu.

Mes conseils pro-débrouillarde et anti-nunuche :

1) Ne faites pas suivre et jetez à la poubelle tout courriel qui contient l'une des ces phrases [Prière de transmettre ce message à toutes les femmes de votre entourage]
[Vous devez transmettre au plus grand nombre possible de femmes]
[Prière de prendre quelques secondes pour transmettre ce message au plus grand nombre de personnes possibles]

2) Vérifiez vos sources. Non, l'amie de votre collègue n'est pas une référence. Tout le monde peut-être une victime contaminée sans le savoir (tiens, ça ne vous rappelle pas une certaine maladie, ça ?). Sur Google, un ou deux mots clés et vous serez vite renseignée. hoaxbuster reste LA référence francophone pour les canulars et donne même un indice de fiabilité des messages.

3) Si le message ne renvoie pas à un site officiel (santé canada, par exemple), doutez et jetez !

Le Grand Méchant Loup n'a qu'à bien se tenir !

À L'ÉCOUTE DU VENT QUI SOUFFLE SUR LA MAISON
Nota : l'image est tirée du livre "Le Petit chaperon rouge" adapté par Vera Southgate.

17 janvier 2010

Sur le sol, un peu plus au nord

Je n'ai pas trop la tête à mes petites choses, comme la plupart d'entre vous, j'imagine.

Après avoir écouté la radio, regardé la télé et lu sur le net pendant 3 jours consécutifs afin d'en savoir plus, de comprendre mieux, le mal de tête m'a pris et j'ai tout fermé.

Quelques jours plus tard, après décantation, je constate que :

Plusieurs Haïtiens ont choisi le Québec comme terre d'accueil : des
75 000 immigrants haïtiens au Canada, 95% sont installés au Québec.

Cela m'a rappelé la réponse d'une dame haïtienne à qui j'avais demandé depuis combien de temps elle était au Québec et qui m'avait finement répondu, sans malice : " Depuis plus longtemps que toi, ma petite...".

Il y a ceux que l'on connaît bien : Dany Laferrière, Stanley Péan, Luck Mervil, Michaëlle Jean et d'autres que j'oublie, et aussi tous ceux que l'on voit et entend moins et qui souffrent autant la perte d'un ami, d'un proche.

Au fil des ans, plusieurs liens se sont tissés entre le Québec et Haïti.

Tout d'abord par les missionnaires des communautés religieuses et puis par les projets gouvernementaux, mais aussi par des initiatives personnelles admirables :

Un pharmacien de Trois-Pistoles a monté un projet avec une école de sa ville pour envoyer de l'argent à une école de Terrier Rouge.
Des policiers de Saguenay vont alimenter la formation des policiers de Port-au-Prince.
Une octogénaire d'Alma, Jacqueline Lessard, fonde un orphelinat à La Plaine et le finance en revenant cueillir des bleuets ici.
Un autre retraité ramasse tout ce qu'il peut sur son bateau et part, cette année avec un dentiste à la retraite, apporter son aide en Haïti.
Et il y a 52 Caisses populaires Desjardins en Haïti...

Des séismes semblables ont secoué Haïti en 1751 et 1887. Cette secousse était annoncée depuis 20 ans pour le siècle à venir mais, malgré cela, l'urbanisation de Port-au-Prince s'est développée de manière anarchique et à un rythme effréné sur la faille.  D'autres secousses sont à prévoir car la faille fait 200km et seulement une portion de 50 km s'est déplacée le 12 janvier.

Les différents pays qui ont participé à la construction de Port-au-Prince imposent chacun leurs normes de construction.
Monsieur Tran  travaillait d'ailleurs dans le but d'uniformiser ces normes et de les adapter aux conditions d'Haïti.

Haïti a besoin de notre aide maintenant et en aura encore besoin pour longtemps.

Pendant que les uns s'interrogent sur la nécessité d'envoyer autant de journalistes là-bas, nous pouvons aider les ONG qui y sont présentes par nos dons. Mensuels et retirés automatiquement de notre compte bancaire, ils permettent à ces organismes de mieux planifier leurs activités dans le futur.

Futur qui en aura bien besoin.

Serrons nos enfants dans nos bras, apprécions la chance que nous avons d'être nés ici et partageons-là !

À L'ÉCOUTE : LE SILENCE DE MA MAISON